Blue Day Maritime & Spatial : de la mer à l’espace, des technologies à partager

Le 13/10/26
Le 13 octobre 2026, le CNES a accueilli à Paris le Blue Day Maritime & Spatial, labellisé « Journée de l’Innovation Maritime » (JIM) par la DG AMPA et organisé par le Pôle Mer Bretagne Atlantique avec le CNES, le GICAN et le Pôle SAFE. 57 industriels, chercheurs et institutionnels y ont exploré les technologies que partagent les deux milieux.
BD Phil

Deux milieux, les mêmes contraintes

Après un premier Blue Day en 2024 sur les applications maritimes duales du spatial, cette édition a changé d’angle : non plus ce que le spatial apporte à la mer, mais ce que les deux secteurs peuvent construire ensemble au niveau des technologies. Les mots introductifs du CNES, du GICAN, du Pôle SAFE et du Pôle Mer Bretagne Atlantique ont rappelé ce qui rapproche ces mondes : environnements extrêmes, accès et maintenance difficiles, technologies complexes, contraintes énergétiques. Dans les deux cas, les missions sont les mêmes : observer, se positionner, communiquer. Les enjeux aussi : dualité, souveraineté, cybersécurité, sobriété et décarbonation.

Une innovation conçue dans un milieu peut-elle servir dans un autre ?

La conférence d’ouverture de la DGA, portée par Anne Buchon (Agence de l’innovation de défense) et Cécile Bolley (DGA), a posé la question centrale de la journée. À partir de l’océanographie spatiale, elle a décrit trois niveaux de transposition : de l’espace vers la mer, de la mer vers l’espace (la validation sur le terrain des données satellitaires) et de la mer vers d’autres milieux. Altimétrie, radar, optique, fusion de données ou intelligence artificielle sont des briques de l’environnement géophysique dont l’océan n’est qu’une application. Les projets RAPID DEEP-ACOUS, RAPID CAAPIA et APOGE en ont donné des exemples concrets.

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Naviguer et communiquer sans dépendre d’un seul signal

La table ronde sur les systèmes critiques résilients, avec Exail, Safran E&D et Cailabs, a montré que les mêmes technologies de navigation inertielle servent sur un navire, un sous-marin, un satellite ou un lanceur, car, sans GNSS, la navigation sous-marine et la course à la Lune posent le même problème. Côté communications, les intervenants ont insisté sur la sensibilité au milieu de propagation (acoustique, radio, laser) et sur l’hybridation des réseaux. Ils ont aussi relevé un retour à la bande HF au-dessus de l’eau : un débit plus faible, mais un signal plus difficile à brouiller.

Lire la Terre, la lumière et les champs

La session consacrée aux capteurs et charges utiles a réuni deux familles. Côté capteurs quantiques, Spectral Flow a présenté une navigation sans satellite fondée sur la gravité et le magnétisme terrestres, que personne ne peut brouiller. L’ONERA a retracé la progression des gravimètres à atomes froids, du laboratoire au gravimètre marin et aéroporté, jusqu’au projet européen CARIOQA d’accéléromètre quantique spatial. LuMIn a présenté les capteurs de champs radiofréquences à atomes de Rydberg, prometteurs pour la résistance au brouillage.

Côté imagerie, le CEA a détaillé l’imagerie multi et hyperspectrale et sa miniaturisation, des 340 kg des premiers instruments aux nanosatellites. Hytech Imaging a présenté la bathymétrie par drone et les services d’intelligence littorale par observation spatiale du projet Cosmeo, et Satlantis ce que la polarimétrie apporte à la correction atmosphérique et à la détection de pollution.

En début d’après-midi, Thales Alenia Space a présenté sa démarche Venture Oceans : mieux suivre dans la durée les événements en mer, aujourd’hui observés de façon dispersée.

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Résister à l'extrême, du fond des mers à l'espace

La session matériaux et structures a confronté les contraintes d’un lanceur, exposées par le CNES, à celles du grand fond, présentées par FMC Composite avec sa coque composite compressible conçue pour résister à environ 600 bars. Les deux mondes se rejoignent sur l’allègement, la réduction de la matière et le recyclage, et même sur la logistique, puisque la réutilisation des lanceurs passe par des barges hauturières. 

HIT Mag a ensuite présenté ses aimants permanents sans terres rares, une réponse à la forte concentration de la chaîne d’approvisionnement.

L'énergie de l'autonomie

Thermagy a conclu les interventions avec l’énergie radio-isotope : de la bouée maritime de 1961 aux sondes Voyager, ces générateurs thermoélectriques fonctionnent depuis des décennies sans pièce mobile. L’entreprise y voit une même brique, d’une vingtaine de watts, pour le fond des mers comme pour la Lune.

Vers une coopération durable

La journée s’est achevée avec l’alliance internationale SPACE4OCEAN, présentée par la DG AMPA, qui vise à rapprocher les secteurs spatial et maritime pour préserver l’océan, puis par la conclusion de Phil Monbet, directeur du Pôle Mer Bretagne Atlantique. Le Pôle Mer et son Booster MORESPACE poursuivent cet accompagnement pour faire naître des projets entre acteurs des deux filières. 

Pour en savoir plus : sophie.cordillet@polemer-ba.com